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Vous en avez marre de voir tous les jours des informations ultra déprimantes sur le dérèglement climatique ? Les incendies en Californie, en Amazonie et en Australie ont achevé de vous flinguer le moral ? Vous avez l’impression d’être impuissant, que vos gestes ne serviront à rien face à la pollution planétaire ? Vous êtes convaincus que les prochaines années vont aller de pire en pire ?

Le diagnostic est sans appel : vous êtes en proie à un mal des temps modernes, l’éco-anxiété. Ou solastalgie pour les intimes. On décrypte ci dessous ce phénomène de déprime écologique.

1. Il y a plusieurs symptômes reconnaissables comme la tristesse, l’insomnie, l’anorexie, la perte de sens et même la dépression, et ils sont tous liés à l’environnement, YAY

Donc comme tu t’en doutes si tu te sens submergé.e par ces symptômes, il ne faut pas hésiter à aller consulter un médecin et envisager un p’tit suivi psychologique diablement nécessaire pour endiguer tes souffrances environnementales. Tu seras plus utile à la planète sans dépression je t’assure.

2. De plus en plus de personnes en souffrent

Si on ne connaît pas le chiffre exact des personnes atteintes d’éco-anxiété, de nombreux témoignages semblent montrer qu’il s’agit d’un mal en progression. Et pour cause, on parle de plus en plus d’écologie et de dérèglement climatique, un phénomène qui tend à nous faire un tout petit peu perdre espoir sur l’avenir de l’humanité. Alors logiquement, de plus en plus de personnes qui se sensibilisent à ces questions sombrent dans l’éco-anxiété.

3. Pourtant le mot « solastalgie » existe depuis 2003

Et on en doit l’invention au philosophe australien, Glenn Albrecht. C’est lui qui s’est en premier lieu penché sur cette forme de dépression écologique et a développé le concept de solastalgie au cours des années 2000. Le mot vient du latin « solari » qui signifie « réconfort » et du grec « algia » qui renvoie à la douleur physique ou morale. La solastalgie est donc une douleur liée à l’absence de réconfort. On développe ce sentiment notamment quand notre habitat est dégradé (sur le long terme, on parle pas d’un graffiti moche sur les murs).

4. C’est une souffrance assez proche du courant de pensée collapso et de la théorie de l’effondrement

Ce qui n’a rien de surprenant en soi. Lisez donc Comment tout peut s’effondrer ? de Pablo Servigne et Raphaël Stevens (ouvrage de référence pour les apprentis collapso) et vous serez refaits (et sinon lisez notre top sur la théorie de l’effondrement pour en piger l’idée globale).

En gros, la collapsologie est une mise en récit de l’effondrement à venir de la société thermo-industrielle, un effondrement inéluctable dont on peut estimer qu’il se perçoit déjà aujourd’hui à travers des phénomènes météorologiques comme les grands incendies qui sévissent en ce moment-même en Australie. Et en toute logique, les éco-anxieux adhèrent à cette théorie autant que les collapso sont un peu en éco-dépression. D’ailleurs pour citer à nouveau l’ouvrage Comment tout peut s’effondrer ?, les auteurs concluent sur un bon conseil : préserver une part de déni dans notre approche du dérèglement climatique pour ne pas être totalement anéanti par la dépression. Sympa, n’est-ce pas ?

5. Toutefois, ce n’est pas une maladie mentale reconnue

Mais même si l’OMS de la reconnaît pas comme une maladie mentale, il semble qu’en France on soit un peu à la masse sur ce sujet face aux Etats-Unis où il existe déjà de nombreux psychothérapeutes spécialisés dans ce domaine. Le problème c’est que le manque de compétences dans le milieu psy actuel peut avoir des conséquences. Soit en appréhendant l’éco-anxiété comme un délire paranoïaque (alors même que la cause de l’éco-anxiété est bien réelle), soit en incitant les éco-anxieux à s’habituer à cette souffrance en la normalisant.

6. L’éco-anxiété est plutôt répandue dans les milieux aisés

V’là un des grands paradoxes de l’écologie contemporaine ! La sensibilité écologiste se développe davantage chez les personnes issues de classes sociales dites supérieures, et en particulier les personnes qui ont fait des études. Et pourtant, ce sont ces mêmes classes qui polluent le plus ! Allez comprendre. Hervé Kempf le démontre très bien dans son livre Comment les riches détruisent la planètes. Globalement les causes du dérèglement climatique sont à imputer au système capitaliste et à ses principaux acteurs (c’est à partir de ce constat que s’est développé le concept d’Anthropocène) qui ne sont pas, comme vous vous en doutez, les plus pauvres de la planète. Le meilleur moyen de ne pas être éco-anxieux, c’est donc de ne pas avoir de tunasse comme ça au moins tu ne seras aucunement tenté de prendre huit fois l’avion par mois, d’acheter des fringues, du matos électronique et globalement de consommer beaucoup, beaucoup trop.

7. Bonne nouvelle : il est possible de se soigner (et pas forcément avec des antidépresseurs youhou)

Evidemment, à partir du moment où la solastalgie n’est pas reconnue par l’OMS, il est difficile d’établir un traitement médical pour y remédier. Mais OUF, il n’y a pas que les médocs dans la vie surtout quand on parle d’une souffrance liée aux dégradations environnementales. En fait il faut accepter une chose simple : c’est plus que normal d’être éco-anxieux. C’est même bizarre que tout le monde ne soit pas rongé par ce mal. Les éco-anxieux apparaissent plus que jamais comme des écolo plus éclairés et conscients du drame existentiel à laquelle notre espèce est en proie. Comme dirait l’autre, ce n’est pas eux qui ont un souss, mais le monde (ouais ça balance).

Heureusement, tout n’est pas perdu ! S’il ne sert à rien de prendre un Doliprane en espérant que ça passe, l’éco-anxiété a le bon goût de se soigner en passant à l’action. Plus tu t’engages, plus tu œuvres toi-même pour la protection de l’environnement et dans la lutte contre le dérèglement climatique, plus tu parles de tes angoisses autour de toi (sans passer pour un témoin de l’Apocalypse), plus tu trouveras du sens à ta misérable existence. Je n’ai pas dit que ce serait facile mais techniquement, le fait de se mettre en action permet d’ouvrir de nouveaux horizons peut-être moins foireux que ceux qu’on ressasse en regardant pour la 18e fois Une vérité qui dérange d’Al Gore.

8. Le réchauffement agit pour de vrai sur notre comportement (et pas dans le bon sens)

Quoi qu’on pense de l’éco-anxiété, des études ont bel et bien prouvé qu’en période de canicule, les comportements agressifs avaient tendance à augmenter ce qui nous porte à croire que plus il va faire chaud (et il va faire plus chaud, aucun doute là dessus), plus les conflits humains vont s’amplifier.

Je sais plus exactement pourquoi je vous donne cette information parce qu’en fait si vous n’étiez pas en situation d’éco-anxiété, vous risquez désormais de vous laisser tenter. OUPS.

Source photo : Giphy

Si tu ne te sens pas éco-anxieux, n’hésite pas à lire notre top des réponses aux questions qu’on se pose sur le dérèglement climatique, ou le top des trucs chouette qui vont se passer avec la fonte du permafrost, ou notre top sur la théorie de l’effondrement. Ça devrait t’aider à franchir le pas. Sinon tu peux aussi te dire que la déprime, c’est pas pour toi et préférer suivre nos conseils de gestes écolo. C’est cool aussi.

Source : Futura Sciences, France Inter, La Croix, Reporterre, Libération

Crédit photo de la Une @Nous_memes, tu peux d’ailleurs retrouver notre sélection des meilleurs memes sur l’écologie.

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