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Récemment, nous répondions à un certain nombre de questions sur l’autisme et nous avons pensé qu’il serait intéressant de s’intéresser à la forme la plus médiatique de l’autisme, à savoir le syndrome d’Asperger. On tend à projeter beaucoup de fantasmes sur ce syndrome sans pour autant avoir une fine connaissance de ce qu’il recouvre et surtout de ce qu’il implique pour les personnes qui en sont atteintes. Et comme nous ne sommes pas des spécialistes, si vous pensez repérer une erreur malgré nos recherches préalables, n’hésitez pas à nous la signaler et nous corrigerons en conséquence.

1. Est-ce que c’est pareil que l’autisme ?

C’est un des troubles du spectre de l’autisme, mais ce n’est pas l’autisme en tant que tel. Comme tous les troubles de l’autisme, le syndrome d’Asperger engendre des difficultés à interagir avec les autres, l’émergence de comportements routiniers et répétitifs et des passions dévorantes et exclusives. Mais à la différence de la plupart des autres troubles, le syndrome d’Asperger n’implique pas de retard dans le développement du langage ni de retard intellectuel.

2. Est-ce que c’est un trouble psychologique ?

On connaît très mal l’autisme, qui est difficilement étudié et sur lequel les écrits de référence sont relativement récents. Mais l’on est à peu près certain qu’il s’agit d’un trouble neurologique et non psychologique. On pense que l’autisme Asperger est le fruit conjoint de racines génétiques et de facteurs environnementaux. La composante génétique est étayée par l »identification de traits génétiques communs et favorisants dans les familles des personnes diagnostiquées Asperger.

3. Y’a-t-il un seul syndrome d’Asperger ?

Pas vraiment. Il y a une sorte d’échelle, si l’on peut dire, selon l’ampleur des symptômes. Sur ces mêmes facteurs génétiques, selon leur ampleur et la combinaison d’allèles impliquées, il pourra y avoir une atteinte plus ou moins grande de l’individu. Chaque individu concerné a donc des traits communs avec les autres mais une expérience spécifiques du syndrome.

4. Est-ce que tous les Asperger sont des génies ?

C’est difficile à dire. On a longtemps parlé d’autistes de haut niveau en opposition aux autres formes d’autismes qui impliquent souvent un retard du développement intellectuel, mais cela ne signifie pas forcément qu’un individu atteint du syndrome d’Asperger sera un génie. En revanche, la propension des autistes Asperger à s’intéresser à fond à certaines thématiques parfois complexes peut favoriser l’émergence d’une expertise réelle sur cette thématique qui confine au génie. C’est plus l’investissement dans une discipline associé à une capacité de réflexion a priori normale qui permettra à un autiste Asperger de développer des capacités exceptionnelles.

5. Est-ce qu’un Asperger peut avoir une vie normale ?

L’autisme se repère prioritairement à la difficulté éprouvée par la personne autiste à entretenir des relations sociales normales car le rapport à la parole et à l’autre n’est pas le même que chez une personne non atteinte par un syndrome autistique. Dès lors, on pourrait croire qu’un autiste ne pourra pas avoir une vie normale : un conjoint, des enfants, des amis… Mais cela dépend énormément de l’ampleur des symptômes, de l’accompagnement de la personne dès son plus jeune âge et aussi de la capacité ou non de chacun de se conformer aux attentes sociales. Les personnes atteintes du syndrome d’Asperger peuvent en effet imiter par expérience les interactions sociales jugées normales mais cela leur demande un effort épuisant. Il est bien évidemment possible pour un Asperger d’avoir des amis et une vie de couple ou de famille en rencontrant des personnes attentives et compréhensives.

6. A quel âge est-ce qu’on le détecte ?

Ça dépend vraiment. On considère généralement qu’à partir de 18 mois, des premiers symptômes peuvent mettre la puce à l’oreille. Souvent, l’apprentissage du langage va se faire dans un registre ultra-grammatical, très soigné et donc en décalage par rapport aux attentes pour des enfants de cet âge. Mais souvent, les difficultés psychomotrices propres aux personnes atteintes d’Asperger se révèlent à l’adolescence, leurs capacités d’apprentissage et de mémorisation leur permettant jusqu’alors d’être performants à l’école et ne déclenchant pas forcément l’alerte des parents.

7. Comment ça se passe niveau scolarité ?

La plupart des spécialistes préconisent une scolarisation en milieu ordinaire avec la présence si possible d’un auxiliaire à même d’aider les enfants atteints d’Asperger à mieux s’intégrer. La socialisation induite par l’école aidera en effet l’enfant à mieux appréhender son environnement et donc à devenir un adulte plus épanoui, même si l’accompagnement à l’âge adulte peut être une bonne chose sous la forme d’une supervision éloignée.

8. Ça implique quoi, pour les parents, d’avoir un enfant Asperger ?

Tous les cas sont différents, mais cela implique de devoir s’en occuper en continu, sans doute plus encore qu’un enfant dit normal. La difficulté pour les parents est plus forte lorsque le diagnostic n’a pas été établi. Dans ces cas-là, les parents passent souvent pour de mauvais parents qui n’ont pas bien élevé leur enfant. Mais une fois le diagnostic posé, des accompagnements existent et permettent de simplifier la vie de tout le monde. Il faut se montrer évidemment attentif aux problèmes de son enfant, s’armer de patience et essayer de comprendre sa manière de penser qui n’est pas forcément celle des parents, mais ce n’est pas toujours une charge spécifiquement lourde.

9. Est-ce qu’il y a des Asperger célèbres ?

Il existe de nombreuses personnalités diagnostiquées Asperger. Parmi les plus célèbres, on compte Dan Ackroyd, Chief Keef, Anthony Hopkins. Les historiens pensent également qu’Einstein ou encore Mozart étaient atteints du syndrome quand celui-ci n’était pas encore étudié par la science. Et certains échanges de la CIA laissent entendre que des experts américains soupçonnent Vladimir Poutine d’être lui aussi Asperger.

10. Pourquoi ça s’appelle comme ça ?

C’est Hans Asperger qui a, le premier, décrit ce qu’il nommait alors comme la psychopathie autistique, en 1944. Mais ses écrits n’ont été pris au sérieux et étudiés qu’une trentaine d’années plus tard, en 1981, quand ce cas d’autisme est clairement étudié par les chercheurs et commence à se faire connaître du grand public. On le nomme alors du nom d’Asperger, le premier à l’avoir décrit.

11. Combien de personnes sont concernées ?

On estime à 400.000 le nombre d’autistes Asperger en France, mais la plupart ne sont pas diagnostiquées. Cette absence de diagnostic pose problème, car les personnes non accompagnées se retrouvent souvent sans emploi ou à occuper des postes bien deçà de leurs capacités, faute d’être prises pour ce qu’elles sont. Il y a un enjeu de santé publique et d’accompagnement important à ce niveau et une sensibilisation nécessaire des parents en ce sens.

Je me sens Asperger de connaissances.

Sources : Wikipédia, autisme-france, Groupe Asperger

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