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L’avion en papier est désormais un sport à part entière. Enfin presque. Le temps d’un week-end, à l’occasion d’un championnat du monde organisé en Autriche, certains des meilleurs spécialistes mondiaux s’affrontent. Donnez-leur une simple feuille de papier A4, ils en font un « chasseur » qui fend l’air, un planeur aux larges ailes, un voltigeur qui enchaîne les loopings : quelque 180 jeunes du monde entier participent jusqu’à samedi à Salzbourg au concours qui sacrera trois champions du monde du lancer d’avions en papier.

Sélectionnés lors d’épreuves éliminatoires dans 58 pays, beaucoup se sont inscrits « par hasard » et « pour le fun » à l’événement organisé en intérieur par la firme autrichienne Red Bull. Mais ils se sont rapidement pris au jeu. « Le niveau est impressionnant, il y a des participants qui lancent à 50 mètres », confie à l’Agence France-Presse Jonathan Miraucourt, 24 ans, qui représente la France dans la catégorie « longue distance » consistant à expédier son aéronef le plus loin possible.

Qualifié avec un tir de 35 mètres « seulement », le jeune homme originaire de Tahiti, étudiant à Montpellier, est pris d’un doute à l’approche de la finale : et s’il faisait fausse route avec sa technique de lancer sans élan destinée à assurer la stabilité du tir ? Du pliage de la feuille de papier à la torsion du poignet qui expédie l’engin, chaque équipe a ses recettes et ses astuces que les plus expérimentés ne rechignent pas à confier aux novices, dans une ambiance qui tient plus du camp de vacances que des Jeux olympiques.

Une épreuve très technique

Sacré champion du monde en 2012 dans la catégorie « acrobaties », l’Américain Ryan Naccarato, originaire de Los Angeles, affiche la sérénité de l’expérience : il en est à sa troisième participation à ce concours organisé tous les trois ans. « Il faut s’adapter aux paramètres de chaque épreuve : la qualité du papier, son poids, la température de l’air, l’humidité », explique sérieusement celui qui, à 29 ans, assume sa passion des pliages et de l’origami.

Aucun complexe non plus pour Emmei Shinichi, un Japonais de 54 ans, participant le plus âgé d’un panel essentiellement étudiant et masculin. Il est l’un des concurrents les plus studieux, penché sur le pliage d’une forme complexe dont le but sera de planer le plus longtemps possible.

Un avion-boomerang

Épreuve la plus créative, l’acrobatie voit défiler tous les designs d’engin pourvu que leur conception se limite à du papier, à de la colle et à des ciseaux. Un Indonésien suscite la curiosité avec deux feuilles agitées en éventail qui virevoltent gracieusement. Un Indien a conçu un boomerang d’une redoutable vélocité. « Pour la distance, nous fabriquons tous le même type d’avion, en forme de fléchette très effilée », explique un participant algérien qui s’échauffe le bras et l’épaule. En effet, gare aux douleurs musculaires, prévient-il.

La dernière finale de 2015 avait sacré un lancer à 53,22 m et un temps de vol de 14,36 s. Tous les avions doivent être fabriqués sur le site de la compétition, un hangar surchauffé au pied des Alpes autrichiennes, avec vue sur… les pistes de l’aéroport de Salzbourg, un clin d’œil comme les apprécie Red Bull, marque de boissons énergisantes devenue un poids lourd du marketing sportif ciblant les jeunes adultes.

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