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Les industriels russes ont trouvé la solution pour juguler l’inflation : réduire le contenu de leurs produits. Rien n’est officiel, mais les consommateurs observent le changement dans les rayons depuis le début de l’année. Premier article visé ? Les œufs, désormais écoulés pour le même prix par lot de neuf et non plus de dix. Les cartons gardent le même aspect, mais l’emplacement du dixième œuf a disparu.

Autre produit de base à subir une contraction : le lait, dont le litre n’est plus tout à fait un litre. Il offre à présent un volume compris entre 800 et 900 millilitres. Même chose pour la bouteille de Coca-Cola, ramenée à 900 millilitres, et la mayonnaise, mesurée à 220 millilitres. « C’est un coup de marketing pour le nouvel an », a tenté de justifier un producteur d’œufs de la république d’Oudmourtie. Un peu court…

De telles astuces obéissent surtout à un impératif : atténuer l’effet de mesures impopulaires telles que la hausse de la TVA de 18 à 20 %, en vigueur depuis le 1er janvier et destinée à financer les promesses de campagne de Vladimir Poutine. Elles traduisent aussi les difficultés économiques du pays, soumis à deux maux : la chute du rouble et la hausse des prix. Selon la Banque centrale, l’inflation pourrait dépasser cette année 5 %. De quoi accélérer le grignotage du pouvoir d’achat. Ainsi, depuis cinq ans, les Russes ont vu fondre la somme consacrée à leurs dépenses de 13 %.

La cote de Poutine connaît un niveau historiquement bas

En cause, les sanctions occidentales imposées au lendemain de l’annexion de la Crimée, mais aussi la faiblesse du prix du pétrole, une ressource qui représente avec le gaz la moitié des exportations du pays.

Autant de mauvaises nouvelles qui rejaillissent sur la cote de confiance de Vladimir Poutine. Laquelle connaît un niveau historiquement bas, à 33,4 %, soit 30 points de moins qu’en 2014, date à laquelle le chef du Kremlin proclamait : « La Crimée est à nous. »

Les autorités pourront toujours se consoler en rappelant que d’autres pays recourent volontiers à cette technique consistant à diminuer la taille des produits et baptisée « shrinkflation ». C’est le cas de la Suisse, de la Belgique et surtout de la Grande-Bretagne. Depuis le vote sur le Brexit et les craintes liées à un ralentissement économique, 16 marques outre-Manche ont tenté l’expérience, la palme de l’ingéniosité revenant aux barres Toblerone, dont l’espace entre les triangles chocolatés a augmenté pendant une période.

La Russie a encore des idées à prendre.

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