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Années : 1974 à 1991

Aah, la voiture… Qu’on la considère comme un membre de la famille ou qu’on ne lui accorde pas plus d’importance qu’à un autre moyen de transport, qu’on en change régulièrement ou qu’on essaie de la garder le plus longtemps possible, on est tous dans le même bateau : de nos jours on ne peut plus s’en passer. Quand j’étais gamin, les voitures n’étaient ni aussi sûres, ni aussi confortables que celles d’aujourd’hui ; pourtant, pendant plus de 10 ans, j’ai voyagé dans plusieurs Citroën CX et avec le recul, je peux affirmer que les qualités des automobiles actuelles étaient déjà bien présentes dans cette fantastique voiture. Pas de doute, la CX est pour moi LA voiture des années 80. Je pense qu’il y a de quoi vous raconter quelques anecdotes intéressantes. Alors voilà, c‘est parti.

Le “projet L”

À la fin des années 60, la DS accuse 15 ans de carrière. Il faut la remplacer : c’est ainsi qu’est lancé le « projet L », qui donnera naissance à la CX. Ce sera le nouveau haut de gamme de Citroën, et pour ça il faut mettre le paquet. De plus, Citroën est alors en difficultés financières : ils espèrent qu’avec la CX, ils feront à nouveau un bond en avant technologique, comme ils l’ont fait lors de la sortie de la DS en 1955, et que cela aura un impact fort sur le public.

Citroen DS années 70
La DS (Source : www.classicdriver.com)

Citroen SM années 70 Eighties
La SM (Source : www.stanislasmachoir.auction.fr)

La recette est simple : on reprend des éléments marquants de la DS, voire de la SM : principalement la suspension hydropneumatique et la traction avant (ainsi que, par la suite, la direction assistée Diravi, je vous expliquerai ça plus loin)  ; ensuite on ajoute de nouveaux équipements spécifiques.

Le fil directeur du projet, c’est d’avoir une aérodynamique fluide, offrant le meilleur coefficient de pénétration dans l’air possible – le Cx, justement, pourquoi croyez-vous que cette voiture porte ce nom ? C’est Robert Opron qui en est responsable : il souhaite continuer sur la lancée de la GS et de la SM pour harmoniser la gamme Citroën. Résultat : pour l’époque, la CX a un excellent Cx de 0.37, essayez de dire cette phrase à voix haute 🙂
Pour info, la BMC Aerodinamica 1800 présentée par Pininfarina au salon de Turin en 1967 a un profil qui ressemble beaucoup à celui de la CX, mais Pininfarina et Citroën ont confirmé qu’aucun des deux n’a copié l’autre. Donc, tout va bien, pas de plagiat (à moins qu’une petite inspiration… ?)

Citroen DS annees 70
La GS (Source : www.andre-citroen-club.de)

Citroen Berlina Aerodinamica 1800
La Berlina Aerodinamica 1800 (Source : blogautomobile.fr)

Quoi d’autre dans la future CX ? Une nouvelle boîte de vitesse, un intérieur plus spacieux que la DS alors que la voiture est plus compacte, des commandes futuristes (la fameuse lunule, j’y reviendrai). La CX n’aura pas deux, mais quatre freins à disques, et de nouveaux moteurs Wankel, dont une version trirotor de 3 litres développant plus de 160 chevaux. Il lui faut ce qu’il y a de mieux !

Hélas ! En 1973 c’est la crise pétrolière, et l’apparition des limitations de vitesse sur route : le moteur Wankel est trop gourmand, et comme en plus on n’a plus le droit de rouler comme on le souhaite, il est abandonné ; mais il faut vite trouver des motorisations de remplacement car la date de sortie se rapproche.

Présentation et évolution de la CX

La date de sortie officielle est le 28 août 1974. Deux modèles essence sont présentés : la CX 2000 de 102 ch et la CX 2200 de 112 ch. Comme il a fallu se dépêcher, leurs moteurs viennent de modèles de DS… eux-mêmes conçus dans les années 30 pour la Traction Avant ! Heureusement, leurs performances poussives sont éclipsées par le reste : l’esthétique, le confort, la tenue de route impériale et le freinage plus qu’efficace, la consommation en large baisse par rapport à la DS… Tout ceci fait que la CX reçoit les prix de la “voiture européenne de l’année”, de la sécurité et du style.

Citroen CX 20 TRE 1983
La CX, ici une 20 TRE de 1983

Citroen CX 20 TRE 1983 - Eighties
(Source : www.car.info)

Malgré son succès, le rachat de Citroën par Peugeot a quand même lieu en décembre 1974. La CX est ainsi la dernière voiture intégralement conçue par Citroën.

Pendant environ un an, la CX s’intercale entre les versions bas et haut de gamme de la DS, puis celle-ci est retirée des ventes.

Citroen CX intérieur
L’intérieur de la CX (suite au premier restylage pour améliorer la ventilation), vous pourrez comparer plus bas avec le tout premier intérieur et celui de la CX 2. (Source : forum-auto.caradisiac.com)

En été 1975 sort la CX 2200D de 66 ch, première voiture Citroën à moteur diesel. Puis en septembre, la gamme s’étoffe : elle comprend alors les Super (versions standard les plus vendues), les Pallas (avec finition de luxe) et la Prestige, qui est en fait une Pallas essence avec empattement allongé de 25 cm et moteur essence plus puissant de 115 ch. Chose amusante, cette Prestige était prévue à l’origine pour pouvoir transporter le président Giscard d’Estaing (1,89 m), qui était à l’étroit dans les CX standard !

Le break Safari est lancé en janvier 1976, bénéficiant de l’empattement de la Prestige. Par la suite, on aura principalement de meilleurs moteurs, comme en 1977 avec la CX 2400 et sa version GTI de 128 ch, ou en 1978 avec la CX 2500D de 75 ch, qui atteint 156 km/h – le diesel le plus rapide du monde !

Citroen CX Break Safari
Le break Safari, ici en position haute. (Source : drive-my.com)

Citroen CX Limousine - Eighties
La CX Limousine. (Source : automotiveviews.com)

En 1980, on redéfinit les noms : la gamme compte alors les Reflex, les Athena, la Prestige et la nouvelle CX Limousine, qui est une Prestige avec moteur diesel ; d’ailleurs, tous les moteurs sont (enfin) remplacés, et cette nouvelle génération est à la fois plus performante et plus économique. En 1982, on change encore les noms (RE, TRE, GTI… ça devient compliqué) et on assiste à une augmentation de l’équipement de base : le verrouillage centralisé, la direction assistée Diravi et les vitres avant électriques deviennent livrés en série. 

En mars 1985, la CX 25 GTI Turbo est la première voiture française à être équipée du freinage ABS.

La CX connaît un restylage important en juillet 1985 : elle a déjà 10 ans ! Pour contrer les nouvelles concurrentes (notamment la Renault 25), c’est la sortie de la CX série 2, avec un look plus carré car les pare-chocs fins et chromés sont remplacés par de gros pare-chocs en plastique couleur carrosserie, et un nouvel intérieur – adieu les compte-tours à tambour ! C’est à ce moment que le break prend l’appellation “Evasion”, qui sera le nom des breaks Citroën par la suite pendant un bon moment.

Suite à ce restylage, de nouveaux moteurs plus performants voient le jour et boostent les performances des modèles. En 1986 sort la CX 25 GTI Turbo 2 de 168 ch, la “beauté sauvage” qui atteint les 223 km/h – à nouveau sous l’œil bienveillant de Grace Jones – et en 1987 c’est la CX 25 TRD Turbo 2 de 120 ch, chronométrée à 195 km/h, qui fait que la CX est à nouveau la voiture diesel la plus rapide du monde.

L’intérieur de la CX 2. Je trouve la colonne centrale très réussie.(Source : www.autoscout24.ch)

La CX est finalement remplacée le 23 mai 1989 par la XM avec 1 041 560 berlines produites ; le break CX survivra jusqu’en 1991 pour 128 185 ventes. Au total, sur 17 ans, la CX s’est écoulée autour de 1,2 millions d’exemplaires.

Mes expériences personnelles

En 1977, alors que j’habite Lille, mon père me dit qu’il va changer de voiture et prendre une CX. Comme on a une Renault 16, sur le coup je comprends mal ce qu’il m’explique et je confonds avec la Renault 16 TX, le modèle haut de gamme. Mais non : un jour mon père rentre à la maison avec sa nouvelle voiture, une CX 2200D « Super », blanche, à moteur diesel. Quelle voiture ! On est loin de la R16 !!

Je prends la pose devant la CX diesel et accessoirement, devant l’estuaire de la Gironde.

Ce dont je me souviens le plus, c’est que quand on partait en voyage voir mes grands-parents ou en vacances à Meschers, j’étais toujours assis à l’arrière entre les deux sièges avant – hé oui, pas de sièges auto obligatoires à l’époque. C’était une position idéale pour voir le tableau de bord, et aussi ce qui se passait devant sur la route… et quand j’avais sommeil, il y avait largement la place pour que je me couche sur la banquette arrière. Pour un diesel, la CX était relativement silencieuse, elle avalait les kilomètres, on y était bien. J’adorais le fait qu’elle se lève quand on démarrait, c’était magique ! Cependant, cette voiture a posé des soucis à mon père à cause de la rouille, qui a rongé les bas de caisse et même une partie du coffre au niveau du passage des roues.

Premier intérieur de la CX, avec ventilateurs ronds. Notre CX 2200D était comme ça mais en marron.(Source : drive-my.com)

Je me souviens également du temps qu’il fallait pour le préchauffage du moteur, surtout en hiver… D’ailleurs, une phrase de mon cousin Olivier résume bien la situation : on l’avait emmené dans la voiture qu’il voulait « essayer » (bon, on avait 7 – 8 ans, hein !) et quand il a vu le temps qu’il fallait au voyant de préchauffage pour s’éteindre avant qu’on puisse démarrer, puis les 10 secondes nécessaires au levage des suspensions, il a dit : « Hé ben, si tu es poursuivi par la police, tu pourras jamais t’échapper ! »

En 1981, à Clermont-Ferrand, mon père fait l’acquisition d’une CX 2200 Athena gris métallisé pour remplacer l’ancienne : de gros progrès ont été faits contre la rouille sur les modèles de ce millésime. Cette voiture-là, c’était MA voiture : j’ai appris à conduire avec ! Le dimanche matin, mon père m’emmenait sur le parking du Mammouth à Aubière, et m’apprenait à embrayer, passer la première, faire patiner et embrayer… On roulait sur les allées pour m’apprendre à diriger correctement la voiture, on s’arrêtait au bon endroit, et on recommençait. C’était vraiment génial, et surtout j’avais la chance de pouvoir atteindre les pédales lorsque j’avançais le siège au maximum – pas besoin de mettre des cales sous mes chaussures comme Demi-Lune dans Indiana Jones !

Ma Maman assise sur la CX Athena, quelque part au milieu des volcans d’Auvergne

Je me rappelle également que cette CX avait, en haut du tableau de bord, 3 petits voyants vert, jaune et rouge, qui représentaient l’éconoscope : si on roulait comme il faut, seul le vert était allumé, mais si on commençait à monter dans les tours, le jaune puis le rouge vous rappelaient que ce n’était pas économique ! Un petit gadget marrant mais avec un compte-tours (ou même juste du bon sens) on arrive au même résultat.

En 1986, à Marseille, mon père décide une fois n’est pas coutume, de changer de voiture alors que ma mère n’est pas d’accord : il achète une CX 25 GTI. Mais c’était une CX un peu particulière : elle avait le look extérieur restylé propre aux nouvelles CX 2, tandis que l’intérieur était celui de la première version. Une hybride en quelque sorte, certainement provenant de l’opération commerciale “Superstar” lancée par Citroën pour écouler ses stocks de CX 1 GTI.
Ma mère lui en a voulu pendant un moment à ce sujet. Elle n’a jamais aimé cette voiture : la couleur “Gris Espadon” qu’elle trouvait moche – il faut dire qu’elle n’avait pas tout à fait tort – ainsi que son entretien prohibitif et surtout sa consommation très en hausse par rapport à l’ancienne lui sont restée en travers. Elle lui a même trouvé un nom : ‘la goulue’. Mon père a finalement reconnu que ce n’était pas une voiture très économique, et l’a revendue pour s’acheter une BX 19 TRD en 1988 (que j’ai récupérée en 1997, et que j’ai épuisée en un an avec un trajet professionnel de 200 kms/jour, mais ça c’est une autre histoire).

Pique-nique du côté du Pont du Gard avec “la goulue” (et non, je ne parle pas de ma Maman).

Il y a deux évènements liés à cette voiture dont je me rappelle particulièrement.
Le premier, c’était la climatisation, une grande première pour moi. Mais dans cette voiture, on avait juste deux positions : pas de clim, ou froid polaire. C’était appréciable à Marseille en été, je confirme, mais au bout d’un moment on la coupait parce que trop, c’est trop.
Le second, c’est que mon père, pour son travail, devait souvent prendre l’avion à Marignane, et qu’il laissait alors la CX au parking pendant deux ou trois jours. Un soir qu’il rentre de l’aéroport, alors qu’il commence à prendre de la vitesse sur l’autoroute, il remarque que la direction “flotte” un peu : il s’arrête et se rend compte qu’on lui a piqué la plupart des boulons de ses jantes alliage. Il a pu les répartir au mieux pour rentrer à vitesse réduite, et le lendemain il a acheté un boulon antivol par roue. Heureusement qu’il ne lui est rien arrivé… mais la tenue de route de cette voiture était réellement exceptionnelle, la preuve.

Éléments spécifiques

Bien des choses que j’ai connues n’était pas forcément propres à la CX, car déjà présentes dans d’autres modèles. Mais elles restent pour moi ce qui font le charme et l’originalité de cette voiture.

  • Le démarreur (Neimann) à gauche

Pourquoi ? Je n’ai jamais trouvé la raison. Mais oui, contrairement à toutes les autres voitures, la clé de contact est à gauche du volant.

  • La lunule et les indicateurs en tambours rotatifs

C’est un tableau de bord futuriste réalisé par Michel Harmand, qui permet d’avoir vraiment sous la main toutes les commandes (sauf le levier de vitesses, qui n’est plus au volant comme sur la DS mais au plancher). Cette lunule est géniale ! Déjà, le look général est loin des tableaux de bord des voitures des années 75. Ce côté futuriste est bienvenu quand on a déjà apprécié la ligne extérieure de la voiture, elle aussi loin des standards de l’époque !

On décompose ainsi : sur la partie gauche, les clignotants sur le dessus, le klaxon à gauche, et les essuie-glaces et le warning en-dessous. Sur la partie droite, le basculement codes / plein phares sur le dessus, l’appel de phares à droite, et le passage éteint – veilleuses – codes en-dessous. Une fois mémorisé l’emplacement de chacun, c’est instinctif, pas besoin de regarder ! 

Lunule Citroen CX
La lunule, accessoire futuriste et pratique. (Source : www.pinterest.fr)

Citroen CX tableau de bord tambours rotatifs
Le tableau de bord et les tambours rotatifs. (Source : www.citroenorigins-dz.com)

L’indicateur de vitesse et le compte-tours (disponible selon versions) sont des cylindres avec les chiffres écrits dessus, grossis par une loupe. Quand on accélère, le tambour se met à tourner de droite à gauche pour laisser apparaître les chiffres suivants.
On peut ainsi facilement rouler à 200 km/h, il suffit de reculer : le tambour se met alors à tourner dans l’autre sens !

Ces tambours tournants seront hélas remplacés lors du restylage de 1985. Une partie de l’originalité de la CX disparaît alors ; heureusement qu’ils n’ont pas touché au volant monobranche !

  • La suspension hydropneumatique (ou oléopneumatique)

Vous montez dans la voiture. Vous vous asseyez, fermez la porte, mettez le contact. Le moteur démarre. Vous attendez quelques instants. Tout à coup, l’arrière de la voiture se met à monter, puis c’est le tour de l’avant : le tout ne prend pas plus de 10 secondes (enfin, dans mon souvenir). Et voilà la CX prête à rouler, avec une suspension réglée automatiquement à la bonne hauteur, que vous soyez seul ou cinq à bord, avec un coffre vide ou rempli. Il va sans dire que le break est largement demandeur d’une telle technologie, qui permet de garder une tenue de route irréprochable (et une bonne visibilité arrière) même avec un chargement lourd.

La CX se lève au démarrage : voilà sous vos yeux ébahis, une Citroën SM qui se lève également.Bon, ici elle se met en position haute, et c’est un peu accéléré, mais le principe reste le même.(Source : www.imgur.com)

Sur la console entre les deux sièges, on trouve le levier permettant de changer manuellement la hauteur. On peut ainsi mettre la voiture en position basse (pour les garagistes, vu qu’il est impossible de rouler), normale, demi-haute et haute. Les deux dernières positions servent à franchir des obstacles d’assez petites dimensions (la CX n’est pas un 4×4 !), mais vu le tressautement de la voiture en position haute il est franchement déconseillé de rouler à plus de 20 km/h ! Je n’avais pas le droit de jouer avec le levier, mais j’avoue que j’ai quand même utilisé un peu plus que de raison ce gadget quand mon père avait le dos tourné… 😉 

Sur la CX 2, le levier sera remplacé par un petit curseur en bas de la console centrale.

C’est le LHM, ce liquide vert présent dans un circuit fermé sous pression qui, à l’aide des quatre sphères vertes associées à chaque roue, sert à gérer (entre autres) la suspension en répartissant cette pression afin que la voiture soit bien horizontale et avec une garde au sol toujours uniforme – enfin, je simplifie, c’est quand même un peu plus complexe. Je me souviens d’ailleurs qu’on voyait bien les sphères des roues avant dans le moteur (il y a une photo plus bas).

  • La direction assistée Diravi

La direction assistée, vous connaissez le principe : c’est une aide pour tourner le volant (à l’arrêt principalement) grâce à une pompe hydraulique (ou un système électrique). La colonne de direction devient facile à tourner vu que la pompe vous assiste tout au long de la manœuvre.

Le levier de garde au sol est ici en position normale : on le pousse jusqu’au petit trait blancpour la demi-hauteur, et jusqu’en haut pour la hauteur maximale.(Source : drive-my.com)

La Diravi, c’est ça, mais en mieux. Je ne vais pas rentrer dans les détails (je ne comprends pas tout tellement c’est compliqué) mais en gros, il y a de nombreux avantages :

– à l’arrêt, on peut tourner le volant avec le petit doigt tellement c’est facile !
– plus on accélère, plus la force nécessaire pour tourner le volant augmente : à 130 km/h la direction est extrêmement dure et ne permet plus de faire de grands moulinets avec le volant ;
– le volant se recentre tout seul : ça faisait un bruit de science-fiction, genre porte automatique dans Star Trek, j’adorais ! La direction reste très précise à n’importe quelle vitesse ;
– corollaire du point précédent : aucun élément extérieur (pierre, ornière, etc…) ne peut faire tourner les roues, seul le volant (et donc le conducteur) en a la capacité.

Bref, c’est une merveille de technologie, qui a été abandonnée à l’époque de la XM à cause de coûts prohibitifs et visiblement d’une maintenance assez complexe.

  • Le freinage

J’avais lu cette expression dans un numéro de l’Auto-Journal : “La CX est passée du BS (blocage systématique) à l’ABS”.

Le freinage de la CX nécessite de l’habitude. La garde de la pédale de frein est ridicule, même pas 5 centimètres de course dans mon souvenir ; et pourtant, je n’ai jamais eu besoin de l’enfoncer jusqu’au bout. Il y a de la résistance dans la pédale et mine de rien, il faut appuyer assez fort pour arriver à bloquer les roues. C’est très difficile à expliquer, ce ressenti…

Il va sans dire qu’aujourd’hui, si vous montez dans une CX et que vous devez freiner, la première fois vous allez vous retrouver le nez dans le pare-brise. Même si vous avez lu cet article, et que vous savez à quoi vous attendre… vous serez quand même surpris ! Mais sur les trois CX que mon père a possédées, aucune n’a été prise en défaut. Je n’ai jamais rencontré une voiture qui freine aussi bien.

On voit bien ici la sphère LHM avant gauche, il y en a une identique de l’autre côté du moteur.(Source : www.lrm-collection.fr)

Pendant qu’on en parle, je rappelle que le LHM d’une Citroën de l’époque gère en même temps la suspension, le freinage et la direction. Le jour où j’ai eu une durite de LHM percée sur ma BX, je me suis retrouvé à rouler sur l’autoroute sur la voie d’arrêt d’urgence à 80 km/h, car moins vite je n’arrivais presque pas à tourner le volant… et je ne vous raconte pas le délire pour arriver à passer le péage avec une voiture de couleur blanche, qui ne tournait presque plus, ne freinait presque plus… et avait l’arrière tout vert.

  • Ressenti

Beaucoup se plaignaient d’être malades à cause des suspensions dans les Citroën, heureusement ça n’a jamais été mon cas. J’avoue que c’était impressionnant de rouler dans cette voiture, on se sentait en sécurité, pas secoué ou dérangé par le moteur, bref c’était un vrai plaisir. Surtout la GTI : elle atteignait presque les 200 km/h, ce que mon père faisait quelquefois pour ses trajets professionnels depuis Marseille, entre Toulouse d’un côté et Nice de l’autre. À l’époque, il n’y avait pas autant de monde sur les autoroutes, et il y avait énormément moins de radars, alors… Il me disait (en plaisantant) qu’il était dégoûté, parce qu’il doublait des gens en roulant à une moyenne de 180 km/h, puis il devait s’arrêter pour faire le plein, et là tous ceux qu’il avait dépassés le redoublaient… Quand je lui faisais remarquer qu’il ne respectait pas les limitations de vitesse, il me répondait avec un clin d’œil : “Mais si, je les respecte : je ne roule jamais en-dessous !”

Que ces quelques anecdotes ne vous induisent pas en erreur : mon père conduisait très bien, il était très prudent et n’a profité de la vitesse de la CX GTI que sur quelques trajets le temps qu’il l’a eue… Il n’a jamais provoqué d’accident tout au long de sa vie, et je peux vous dire qu’il en a avalé des kilomètres…

Citroen CX Loadrunner
Quelques déclinaisons : La CX Loadrunner… (Source : hiveminer.com)

Citroen CX Penthouse
… et la CX Penthouse (mini camping-car). (Source : www.autotitre.com)

Il m’a montré une ou deux fois ce que ça donnait, sur autoroute évidemment : la CX était imperturbable, elle avançait tranquillement, sans donner l’impression de forcer, sans même donner l’impression qu’on roulait vite. Plus grand, j’aurais bien voulu essayer la CX 25 GTI Turbo 2 qui était donnée à 223 km/h, mais ça ne s’est jamais présenté… Tout ce que j’ai réussi à faire c’est une pointe à 176 km/h dans mon AX essence, un jour d’école d’architecture, alors que j’étais sur une autoroute allemande pour aller dessiner un parc à Schwetzingen… C’était beaucoup moins impressionnant à tous points de vue !

Conclusion

À l’aube des années 2020, on voit resurgir un intérêt pour ces voitures, qu’on appelle youngtimers. Des revues comme Auto-Plus Classic ne ratent jamais une occasion de faire l’éloge des performances de la CX, éloge que je trouve totalement justifié. Si j’avais les moyens, je n’hésiterais pas à m’en acheter une en bon état pour profiter à nouveau de son confort et de ses incroyables “gadgets” lors de petites promenades le week-end. Mais je serais déjà bien content de juste pouvoir refaire quelques kilomètres avec, et surtout de montrer à ma femme ce qu’on ressent quand on la conduit (surtout quand on freine !).

Citroen Berline CX 1 Citroen Prestige CX 2 Citroen Break CX 2

Les dessins des silhouettes les plus marquantes : berline CX 1, Prestige CX 2 et break CX 2.
(Source : www.ikonoto.com)

En tout cas, si le génie d’Aladin me proposait d’obtenir une voiture parmi toutes celles que j’ai connues dans ma vie, je sais laquelle je lui demanderais !

Si vous voulez plus de détails, voici quelques liens :
– Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Citroën_CX.
– Petite vidéo (1974) de présentation de la CX en Laponie : https://www.youtube.com/watch?v=rE9_6iYDsgc
– Interview de Robert Opron : https://www.youtube.com/watch?v=uWXPIUe3hco
– CX = voiture de l’année : https://www.youtube.com/watch?v=h2h9dL7OQYk
– Pub de la CX 2 avec Grace Jones (“la beauté sauvage”) : https://www.youtube.com/watch?v=ULB2EoYdE38
– Un site très chouette sur toutes les Citroën, avec vue 360° et bruitages : http://www.citroenorigins.fr/fr
– Vous voulez retrouver la couleur de votre CX ? Facile : http://generationcx.chez.com/unlargechoixnuancierhtm.htm
– Nombreuses publicités journaux sur la CX : http://www.auto-pub.net/page_Citroen_CX_prem_pub.htm ainsi que la première brochure publicitaire : http://www.auto-pub.net/page_Citroen_CX_cat_1974.htm
– La diravi en vidéo (on entend un tout petit peu le bruit du volant qui se recadre) : https://www.youtube.com/watch?v=pfA937xUNwo
– Quelques réalisation de Tissier : http://www.vehicules-hors-serie.fr/site%20Amicale%20Tissier/menu_CX_divers.htm
– Et enfin, le manuel de la CX 2 : http://www.lacitroencx.com/album_photo/www/albumphoto/doc_cx/manuel%20CX%2020-22-25%20essence%20&%20Prestiges.pdf

Je suis en train de me dire que mon père avait au moins autant apprécié ses trois CX successives que moi – sinon plus. Même s’il nous a quittés fin 2012, je lui dédie cet article qu’il aurait certainement pris plaisir à lire. 🙂

L’article LA CITROËN CX, par JPB !! est apparu en premier sur Eighties.

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